En Belgique, les courses hippiques s’invitent dans les écoles

En 2024, Bruno Diehl, ancien directeur de la rédaction de Gény-Courses, a lancé en Belgique un projet pédagogique inédit en partenariat avec l’hippodrome de Mons. L’objectif est simple : faire découvrir aux élèves l’univers des courses hippiques et la diversité des métiers qui composent cette filière.

Le projet a d’abord pris la forme d’immersions organisées directement sur l’hippodrome wallon. Depuis février 2024, environ 1.400 élèves, principalement âgés de 9 à 13 ans, ont ainsi été accueillis lors de réunions matinales. Arrivés dès 9 heures, ces élèves participent à une immersion totale dans les coulisses d’une journée de courses. Encadrés par leurs enseignants et accompagnés de guides, ils visitent les écuries, découvrent les installations où les chevaux sont préparés et observent le travail du maréchal-ferrant. Ils rencontrent également des vétérinaires, assistent à certains prélèvements et échangent avec des entraîneurs et des jockeys. Les équipes techniques chargées de la régie vidéo et de l’organisation des courses sont aussi mises à contribution pour expliquer leur rôle.

Au-delà du spectacle et des épreuves proposées, la journée met l’accent sur le bien-être équin et la diversité des métiers de la filière : du lad au journaliste en passant par les commissaires ou les techniciens de piste. Des poneys sont également présents sur le site. Parmi les 1.400 élèves déjà accueillis, la plupart ont d’ailleurs déjà pu monter à cheval pour l’occasion.

Des interventions directement au sein des écoles

Face au succès de ces visites et au nombre limité de réunions matinales – une douzaine par an environ –, le projet s’est rapidement développé au sein même des établissements scolaires. Baptisé “Quand les chevaux entrent à l’école”, ce programme s’adresse aux enfants de 8 à 12 ans et se déroule sur une durée d’environ 1 h 30 à 2 heures. Il repose sur huit modules vidéo courts consacrés à l’histoire du cheval de course, à son entraînement, au travail du maréchal-ferrant, au rôle du vétérinaire ou encore à l’organisation d’une réunion de courses. Chaque séquence est suivie d’un échange interactif avec les élèves.

Les intervenants présentent également différents équipements utilisés dans les courses : selles, fers, casaque, casque, puce d’identification ou harnais. Un livret pédagogique de seize pages, consacré à la découverte de l’hippodrome et aux métiers de la filière, est aussi remis aux enseignants et aux élèves. L’expérience se prolonge parfois dans la cour de récréation avec la présence de deux chevaux, généralement un Fjord et un Shetland, permettant aux enfants d’observer l’animal de près.

Attirer les familles vers l’hippodrome

Au-delà de l’aspect pédagogique, l’initiative vise aussi à renouveler le public des hippodromes. Les 1.400 élèves déjà sensibilisés constituent un vivier non négligeable permettant de toucher leurs familles. Selon Bruno Diehl, cela pourrait représenter près de 2.000 parents, susceptibles de découvrir à leur tour l’univers des courses. Ces derniers sont notamment attendus lors des huit grandes journées à thème organisées chaque année à Mons telles que celle du Mardi gras, de Pâques, d’Halloween ou encore du Grand Prix de Mons, épreuve phare européenne au trot. Les écoles deviennent ainsi un canal direct pour toucher ce public familial, les élèves jouant le rôle d’ambassadeurs auprès de leurs proches.

Pour les organisateurs, cette dynamique pourrait même créer un cercle vertueux : un hippodrome plus fréquenté, des élus locaux attentifs à cette activité et un intérêt renouvelé pour les courses. Les professionnels du secteur – entraîneurs, jockeys ou techniciens – participent volontiers à ces rencontres, conscients de l’importance de transmettre leur passion aux nouvelles générations.

Grâce à ses modules pédagogiques déjà prêts et à un concept désormais bien rodé, ce programme pourrait continuer à se développer et contribuer ainsi à rapprocher les jeunes générations et leurs familles du monde des courses hippiques.

Jour de Galop 9, AU CŒUR DE L’ACTU, Mardi 17 mars 2026