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Sulky d’or Belgique : Hanna Huygens, une première!

A l’heure où la cause féministe ne cesse de prendre de la place dans notre société, force est de constater que la place laissée aux femmes dans les pelotons au trot attelé est plus que famélique. Pourtant en Belgique, Hanna Huygens a signé une première puisque cette année 2022 va lui permettre de remporter un premier sulky d’or au féminin. Retour sur cet exploit.

 

Hanna, début 2022, vous avez dû faire un choix compliqué.

J’ai effectivement eu plusieurs opportunités. Un grand entraîneur étranger numéro un dans son pays m’a proposé de remplacer son premier driver parti sous d’autres cieux. Cela a été une longue réflexion. Mais je ne me voyais pas quitter à la fois tous mes chevaux à la maison et mes parents. J’ai également eu des sollicitations pour travailler chez plusieurs entraîneurs en France. Romain Derieux (par l’intermédiaire de Sébastien Grisez) mais aussi Franck Leblanc et Dominique Locqueneux. Cela n’a pas été évident de refuser mais finalement, je ne regrette pas.

 

Parle-nous de cette année incroyable ?

En 2022, j’ai senti encore plus de confiance autour de moi, des propriétaires et des entraîneurs. Je tiens d’ailleurs à remercier tout le monde pour ce titre mais également mes parents. Je pense que j’ai progressé en étant plus patiente moins offensive. Je suis parfois trop motivée. J’ai l’esprit de compétition, je veux toujours gagner mais en respectant mes chevaux.  Mon poids est aussi un gros atout au sulky (N.D.L.R. : 50kg), beaucoup plus qu’au monté d’ailleurs. Je prends également beaucoup de plaisir le matin à l’entraînement avec mes parents. Mon père m’apprend chaque jour des choses et j’adore entraîner avec lui les jeunes chevaux. C’est avec eux que l’on apprend le plus. En fait, je vis course, je ne suis d’ailleurs jamais partie en vacances de ma vie car lorsque je suis au sulky, je me considère déjà en vacances. C’est ma passion et un rêve que je vis depuis que je suis petite.

Le regard des autres sur vous, évolue t-il et comment est perçue une femme dans un peloton ?

Au début, dans les pelotons, on me regardait un peu comme la petite fille. D’un regard interrogateur, on me demandait : « Qu’est ce que tu viens faire ici ? » Et puis quand tu as le respect cela devient un peu plus facile. Lors de ma première victoire à Mauquenchy, Jean Michel Bazire qui était dans la course m’a félicité au retour. Cela m’a fait quelque chose.

Mais c’est un monde d’homme et je remarque que beaucoup de femmes sont dans les courses mais à côté de la piste. Elles sont là à s’occuper des chevaux à l’entraînement mais pas sur la piste. Je pense qu’il est beaucoup plus difficile pour une femme de se faire une place dans le peloton. Elles sont un peu mises de côté et je dirai même beaucoup plus en France qu’en Belgique ou aux Pays Bas.  C’est juste un constat. Pour autant je ne me sens pas être un porte drapeau de la cause féminine. Je pense qu’avec le temps le regard sur les femmes dans ce milieu évoluera mais il faudra du temps.

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Dans les courses, c’est sûr. J’aimerais surtout avoir plus de chevaux à la maison pour aller courir en France. Je reste également toujours partante pour aller driver ou monter en France ou ailleurs lorsque l’on me sollicite.

 



Ce qu’ils en disent :

 

 

 

Xavier Rouet

 

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